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Comics

The Nice House on the Lake

Tu l’imagines comment, toi, la fin du monde ?

Imaginez, la fin du monde. The Nice House on the Lake, c’est une duologie de James Tynion IV et d’Alvaro Martinez Bueno. Deux gars qui pèsent dans le milieu des comics. Le premier est connu pour le comic-book Batman qui rit, le second pour les Batman Detective.

Et cette duologie, c’était pas gagné au départ. Après avoir vu de nombreux avis encensant The Nice house on the Lake, j’ai acheté le premier tome. Il m’est tombé des mains. Puis le temps est passé, et je me suis sentie prête à retenter l’aventure.

Ça y est, rendez-vous pour le Nord du Wisconsin du 14 au 20 juin, dans une maison de vacances prêtée à Walter.

Walter, c’est le mec qui réunit tous ses amis dans cette grande villa digne des milliardaires. Le mec mystérieux qui te pose des questions un peu bizarres. Celui qui reste ton meilleur pote même si vous ne vous voyez plus des années après. Onze de ses amis, rencontrés à différentes périodes, répondent positivement à l’appel. Leur point commun, vous l’aurez compris : c’est Walter.

Walter leur donne à tous un surnom : l’artiste, l’autrice, le comique, la consultante, le reporter, la médecin, l’acupuncteur, la comptable, la scientifique, le pianiste… Certains se connaissent, d’autres non. Qu’importe. Les vacances peuvent commencer…

Planches de comics - l'arrivée des personnages dans la villa

The Nice House… Le commencement

14 juin. Les dix invités de Walter se détendent dans l’immense villa et apprennent à se connaître petit à petit. Le soir même, alors que tous se prélassent au bord de la piscine, de terribles infos affluent sur les réseaux.

Les gens se mettent à fondre, à se désagréger… et le président des États-Unis est mort. Un message d’urgence est diffusé, le pays est attaqué. Tous doivent se mettre à l’abri.

Mais c’est alors que Ryan, l’artiste pointe Walter du doigt : “Tu nous as choisis”. Comme dans un mauvais film de série B, Walter leur révèle qu’ils ont été choisis pour survivre à la fin du monde et qu’ils sont seuls désormais sur Terre. Cette villa les protège des siens, ceux qui ont précipité la fin du monde.

Dans un élan de rage, Norah, l’autrice frappe Walter avec un pied de biche. Le visage de Walter et la main de Norah éclatent, mais seul le visage de Walter se reforme parfaitement sous leurs yeux ébahis. Walter disparaît. Seule chose qui reste de lui, un planning sur mesure pour les 7 jours à venir…

Planches de comic
La vision du monde extérieure

… On the Lake : Le déroulement

Alors que la tension monte face à cette situation surréaliste, ils réalisent qu’un mur invisible entoure les lieux. Ils sont désormais privés de tout contact avec l’extérieur. Et de toute façon, ça ne changerait rien, car la population toute entière a été décimée. Dans la cour, une étrange sculpture leur donne des visions d’horreur de l’extérieur. Il ne reste plus rien.

Certains se résignent à survivre et s’organiser. D’autres ne peuvent accepter la situation et tentent de trouver des réponses en dehors de la villa, tels que Sam, le Reporter. Mais des choses bien plus étranges se profilent alors que les jours passent. Leurs questions se retrouvent sans réponses… Comment garder la raison face à l’inexplicable ?

Couverture alternative - The nice house on the lake
Couverture alternative de The Nice House on the Lake, avec en son centre Walter

Un parfait huis-clos

Tel Lost : Les disparus, la duologie de Tynion et de Martinez nous embarque dans un huis-clos mystérieux. On découvre alors les personnages au fur et à mesure. Leur lien avec Walter et peut-être la raison pour laquelle ils ont été choisis. Mais dans cette villa. Il n’y a pas d’horreur au sens propre. La vie s’écoule, paisible. Ce qui effraie c’est le cloisonnement. L’absence de réponses. Car l’ignorance est une plaie. Comment réagir face à l’inconnu ? Ces deux comics sont une énigme que chacun tente de résoudre. Le scénario est très bien ficelé et la tension monte au fil des planches.

Que dire de l’écriture de James Tynion IV ? Elle est naturelle. L’histoire se déroule toute seule, comme une série Netflix. On entend les voix des personnages, on entend les bières qui s’entrechoquent lorsqu’ils étaient étudiants. Et puis on ressent cette terreur sourde qui envahit peu à peu les personnages. On assiste aux échanges de mails, aux conversations passées… avant que tout ait commencé. Et pourtant les personnages sont des stéréotypes sur patte. D’où leur surnom et le symbole qui va avec. Mais nos personnages sont-ils vraiment aussi prévisibles? James Tynion IV relève le défi du huis-clos d’une main de maître, distillant telle Agatha Christie, les indices au fil des pages.

De l’autre côté, il faut saluer les illustrations d’Alvaro Martinez Bueno. Incroyables. Vibrantes de couleur et dérangeantes parfois. Il sait instaurer le malaise à travers ses planches. Bravo aux éditions Urban Comics qui ont décidé de publier cette bande-dessinée dans la collection Black Label en grand format. La dimension du comic book permet d’en apprécier pleinement la beauté des illustrations. Vertigineuses, sublimes… Et la villa n’est pas sans rappeler celle d’un certain Batman… On s’arrête sur les illustrations pour en apprécier la complexité et ressentir l’ambiance étrange de cette duologie. La colorisation de Jordie Bellaire souligne l’ambiance angoissante et apocalyptique du récit.

The Nice House on the Lake est une véritable réussite qui vous hantera longtemps. Quoiqu’il en soit… Tout laisse à penser que nous ne sommes pas prêts pour la suite.

Manue Moon
Author: Manue Moon

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